La Psychanalyse active

La naissance de la psychanalyse active

Après Freud, la psychanalyse pratiquée dans les organes officiels de la psychanalyse freudienne, a évolué vers une pratique plus austère. Le psychanalyste s’est muré dans le silence, laissant l’analysant monologuer sur son divan. Cette pratique distante et silencieuse ne convient pas à tout le monde.

Apparaît en 1980 un courant intitulé Psychanalyse Active, mené par M-N. Cugnot.
Sur le plan théorique, la psychanalyse active s’appuie sur les travaux des fondateurs de la psychanalyse : Freud, Ferenczi, et Jung.

Ce courant s’inspire en effet de la pratique et théorie freudiennes, complétée par les apports spécifiques de Ferenczi pour la partie émotionnelle et phylogénétique, et l’extension dans les domaine étudiés par Carl-Gustav Jung, notamment l’inconscient collectif et l’étude du matériel onirique.

Les principes de l’analyse classique sont conservés, mais avec le support d’une méthode nouvelle, qui allie neutralité et dialogue dans une relation d’alliance thérapeutique.

La méthode de psychanalyse active

Cette méthode favorise l’ensemble des procédés mis en œuvre par le psychisme pour permettre à l’inconscient d’accéder au conscient, un des buts de l’analyse. Elle amplifie la dynamique de communication entre les niveaux conscient et inconscient du psychisme.
C’est ce que l’on appelle l’activation.

L’analysant évolue au sein d’une matrice de développement constituée par la relation avec son analyste, matrice réparatrice, sécurisante, stimulante, dont il s’extrait sans difficulté lorsque l’autonomie est acquise.

Un ensemble théorique est élaboré, sous-tendant les principes apportés par l’expérience clinique. Ce corpus est un essai de regroupement de différentes sciences et approches, reliant la psychanalyse aux découvertes scientifiques.

La psychanalyse active est une méthode permettant à l’analysant de se réapproprier par lui-même sa propre histoire. Il devient rapidement autonome dans le cheminement qui le mène à la connaissance de lui-même.
L’analysant dispose de plusieurs entrées pour accéder à la compréhension de ses modes de fonctionnement, notamment les libres-associations et les rêves.

Les principes fondamentaux en psychanalyse active

Les principes fondamentaux de la psychanalyse active sont les mêmes que ceux d’une psychanalyse classique. Sur le plan de la technique, la psychanalyse active se distingue par quelques spécificités.

– Le dialogue

Un dialogue entre l’analysant et l’analyste  est basé sur la communication de deux savoirs : le vécu subjectif de l’analysant, et le savoir-écouter de l’analyste.
Ce dialogue attentif laisse place à l’espace nécessaire à la parole de l’analysant.

– La neutralité bienveillante.

L’analyste sert de guide et la fonction de miroir de l’analyse s’inscrit dans le cadre d’une relation d’alliance et de confiance. Ce lien thérapeutique maintient la distance nécessaire au traitement, permettant au transfert d’être un allié pour la cure

-L’activation : principe directeur de la psychanalyse active.

Les buts de l’activation sont le retour des mémorisations enfouies, la résonance émotionnelle entre les évènements du passé et les vécus du présent, les prises de conscience des modes de fonctionnement.
Mis en mouvement par ce travail, le psychisme met en place une dynamique entre inconscient et conscient dont il s’enrichit progressivement et durablement.
L’activation favorise l’émergence de processus inconscients dans le conscient.

– Un travail basé sur la résonance émotionnelle.

Le phénomène de résonance entre les contenus psychiques (souvenirs du passé, vécus de l’histoire présente, émotions, vécus des symptômes) entraine une dynamique de résurgences émotionnelles, qui alimente le travail d’élaboration psychique. En expérimentant ses éléments refoulés dans le cadre de la relation analytique, le sujet revivra puis prendra conscience de ses adaptations manquées. Il pourra alors y renoncer.
Sans émotion, sans affect, il n’est pas de possibilité de guérison psychique. L’affect est une énergie vitale, fondamentale, sans laquelle les souvenirs, les vécus, sont fossilisés, désincarnés, ne peuvent être intégrés au mouvement psychique en cours, sans laquelle rien ne peut être élaboré, symbolisé, dépassé.
La psychanalyse est la recherche du remémoré en remplacement du symptôme.

-L’autonomie de l’analysant

Des consignes de travail sont proposées permettant à l’analysant de vivre son analyse à son rythme, tout en créant et maintenant une dynamique dans le travail.

-le travail sur le changement par l’agir.

Les possibilités de changement seront effectives à condition de modifier concrètement les comportements issus des divers conditionnements.
L’analysant est conduit à faire des choix en adéquation avec son être, l’amenant à sortir des impasses et répétitions où il se trouve.
C’est l’expérience pleinement vécue de l’analyse qui rend les changements possibles.
Les prises de conscience ne sont suivies d’effet que si elles sont basées sur une conviction profonde, d’ordre émotionnel.

Cette méthode de travail analytique est particulièrement bien adaptée aux demandes actuelles en matière thérapeutique et aux troubles névrotiques contemporains. Elle s’allie parfaitement aux démarches vers les techniques psycho-corporelles.

Pour en savoir plus :

  • MN. Cugnot : L’univers quantique du psychisme et de la psychanalyse,L’Harmattan, 1999
  • G.Abrial : Enfin moi, votre psychanalyse active, PUF, psychoguides, 2011