Le moi, le ça et le surmoi

Le psychisme est composé de trois instances, le ça qui se situe dans l’inconscient. Le moi et le surmoi, tous deux en partie conscients et inconscients.

Le moi est l’intermédiaire entre le ça pulsionnel et l’idéal du moi que l’on appelle surmoi.

Le moi est décrit par Freud comme coincé entre trois dangers : les exigences du ça, la sévérité du surmoi et les contraintes du monde extérieur. En tant qu’intermédiaire, il harmonise, cherche l’équilibre entre ces 3 instances pour préserver l’homéostasie du système psychique. Il peut arriver que le moi se sente débordé par l’un ou l’autre (ses désirs inconscients, son surmoi culpabilisant ou la peur de la réalité).  Dans cette dysharmonie, émergera alors le signal d’angoisse, indiquant le débordement du moi.

Le moi se modifie en intégrant les résidus d’identification des premiers objets et se constitue par formation réactionnelle à la double exigence d’identification « sois comme ton père, ne sois pas comme ton père » (cf « psychanalyse » Editions Puf  direction Alain de Mijolla )

Le moi est au carrefour des sensations corporelles, de la perception du monde extérieur, et de l’émergence des forces internes chaotiques.

Le moi est garant de la santé psychique du sujet, grâce à la barrière qu’il constitue, pour contenir les excès des instances psychiques, et éviter son envahissement par les peurs qui inhibent ou le chaos des pulsions. Il structure la vie psychique.

Il possède un système de défenses, qu’il met en œuvre en cas de besoin : l’évitement, la négation, la formation réactionnelle, les fantasmes, l’inhibition, l’intellectualisation etc…(cf Anna Freud : le moi et les mécanismes de défense).

Le ça, réservoir libidinal, est le siège des pulsions issues de l’inconscient, dans lesquelles vont puiser le surmoi et le moi.

Le ça est ce qui échappe : ça m’a échappé, c’est sorti de moi tout seul, ça n’est pas sous mon contrôle etc…cet inconscient qui nous gouverne sans que nous le sachions la plupart du temps. C’est lui qui, lorsqu’il s’échappe, car il veut à tout prix s’exprimer, produit  les rêves, les actes manqués, les symptômes… mais c’est aussi lui, le ça, qui est à la source de nos choix, de nos décisions, de nos motivations, de ce qui nous émeut, nous bouleverse, nous fait vibrer…

Le ça n’est pas régi par les conditions du réel. Il se moque du temps et de la réalité.

Dans cet inconscient, que l’on perçoit plus ou moins comme un ensemble chaotique de forces, émergent les désirs, mais aussi, peuvent apparaître la fascination pour la destruction, et la pulsion de mort, aspirante (cf le film japonais « l’empire des sens » où est clairement développé cet aspect terriblement ambivalent du désir)

Le surmoi est l’héritier de l’autorité parentale. Il se forme en intériorisant les critiques, les jugements parentaux, les « fait ceci, ne fait pas ça, fait comme ceci, ne fait pas comme cela ». Il élève la conscience à un plus haut degré, puisque ces intériorisations permettent de s’auto-évaluer de modifier ses comportements pour être aimé, bien considéré, correspondre aux valeurs apprises, et à l’image positive et valorisée qui émane de son éducation. Il fait fonction d’idéal à atteindre.

Le surmoi est donc issu des apprentissages durant les années d’enfance, période longue de dépendance de l’être humain avant son autonomie.

Le surmoi se forme avec l’intériorisation des interdits, et notamment le principal qui structure la vie humaine : l’interdit de l’inceste.

Cette acceptation intervient après la phase et le refoulement du complexe d’Œdipe.

Le surmoi représente la Loi intérieure. Il censure et veille au maintien des refoulements des pulsions dans le ça, en tant que garant d’une bonne socialisation. Il entretient les jugements sur soi-même, et la volonté de bien faire, de bien agir.

Une éducation laxiste produit des surmoi très sévères. En effet, le non ! est tellement nécessaire pour combattre l’angoisse, que s’il n’existe pas dans le langage des parents, le surmoi se durcira pour compenser le manque d’une Loi structurante.

Avec le surmoi naissent les sentiments de culpabilité, nécessaires mais qui sont très intenses en cas d’un fort surmoi répressif.

Toute l’économie psychique consiste en une circulation d’affects entre les trois instances, et entre les deux pôles que sont l’inconscient et le conscient.