Devenir psychanalyste, c’est apprendre à être soi

Devenir psychanalyste, nom de la formation proposée par l’AERPA, est d’abord un retour à soi, pour ensuite aller vers l’autre.Devenir psychanalyste est avant tout une formation à l’écoute de son propre inconscient. Le fait d’avoir pris connaissance de certains de ses ressorts inconscients, apporte la possibilité de se confronter à l’inconscient de l’autre, sans peur, sans jugement, sans a priori.

Le futur analyste dans sa formation  « devenir psychanalyste » a expérimenté sur lui-même les outils d’introspection et d’analyse.  Il a pleinement vécu l’expérience des bienfaits de ce chemin vers soi,  pour  pouvoir s’en ouvrir ensuite à l’extérieur. Ce n’est que solidement assuré sur ces bases, acquises dans l’expérience de l’analyse personnelle, qu’il est possible au futur psychanalyste de savoir créer la bonne distance pour une écoute débarrassée de ses projections. La recherche et découverte de son moi authentique permet de devenir psychanalyste dans une attitude à la fois d’humilité et de distance bienveillante.

La formation de psychanalyste consiste à apprendre à créer les conditions du cadre analytique : à la fois, la disponibilité, l’implication dans l’écoute et la neutralité face au déchiffrage et à la descente vers leur propre inconscient des analysants en chemin  vers leur découverte d’eux-mêmes.

Une formation de psychanalyste repose sur le socle qu’est l’analyse personnelle du futur psychanalyste. Celui-ci apprend à connaitre et former son instrument de travail principal, son inconscient. Il l’ajuste, l’aiguise, se familiarise avec sa matière, qui devient terreau. Il acquiert la capacité à se mouvoir dans l’espace inter-psychique au centre de la relation analytique.

L’analyste que vous devenez c’est vous et vous seulement ; vous vous devez de respecter le caractère unique de votre propre personnalité – c’est en fait votre outil de travail plutôt que toutes ces interprétations (ces théories dont vous vous servez pour combattre le sentiment que vous n’êtes vraiment pas un analyste et que vous ne sauriez comment en devenir un). Bion, 1987.

La compréhension de l’inconscient ne se décide pas. Elle vient après de nombreuses séances d’analyses, qui sont autant de préparations, de retour sur soi, de lecture à deux voix, à deux dimensions, de doutes et de tergiversations. On entre progressivement, on se laisse imprégner. L’inconscient s’apprivoise ainsi, de façon authentique, en totale autonomie. On apprend à être seul face à son inconscient.

Trouver son style propre sera l’objectif des années de démarrage, quitter la reproduction des schémas et théories pour être en phase avec soi, pour forger sa personnalité d’analyste, unique, créative, en perfectionnement constant.